réalisé qu'en 1974. C'est sans doute grâce à Maxime Gorki qui décrivait ce livre comme une véritable incarnation de l'esprit gaulois et du génie français que Kabalevski eut l'idée d'en faire un opéra.
Musicologue et musicien lui-même, Romain Rolland fut le premier à faire connaître, en France, Monteverdi et l'opéra italien. Il a également signé une oeuvre monumentale sur Beethoven. Un projet d'opéra sur l'une de ses oeuvres ne pouvait que l'enchanter !
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L'écrivain entre en relation avec le compositeur en mars 1935 puis le rencontre, à la tête d'une délégation de compositeurs soviétiques, lors du voyage qu'il fit à Moscou avec son épouse (russe) Maria Koudacheva, en juillet de la même année.
Les lettres échangées entre les deux artistes (publiées pour la première fois en juillet dernier dans la revue de l'Association Romain Rolland) témoignent à la fois de la grande liberté laissée par l'écrivain aux auteurs de cette adaptation et de son étonnement,
voire de ses réticences, à l'égard d'un livret qu'il trouvait bizarre !
S'il appréciait la richesse mélodique de la musique et le soin apporté par Kabalevski à y intégrer des éléments tirés de chansons populaires françaises, il lui semblait que le caractère de son héros était quelque peu dénaturé.
Il regrettait que la gaieté rabelaisienne et la jovialité qui constituaient les traits dominants du protagoniste soient sacrifiés au profit d'un idéalisme révolutionnaire un peu trop conforme aux conventions édictées par la doctrine imposée aux artistes par le pouvoir soviétique à partir de 1932, sur laquelle Romain Rolland émettait les plus grandes réserves.
C'est sans doute la raison pour laquelle Kabalevski remania son oeuvre originelle (écrite entre 1936 et 1938) à plusieurs reprises. D'abord, après la mort de Staline en 1954, puis, à nouveau, en 1970, tempérant la dimension révolutionnaire du protagoniste,le rendant plus proche du modèle original et exploitant davantage l'intrigue amoureuse qui le relie aux deux héroïnes, l'amoureuse Sélina et l'épouse Jacqueline.
Romain Rolland entendit à la radio des extraits de l'opéra, en janvier 1938, mais ne put, retenu en Suisse par sa santé, assister aux premières représentations qui eurent lieu au théâtre Maly, à Léningrad, quelques mois plus tard.
| SÉRIES CULTES
• Culture
150 ans de
Romain
Rolland
Rencontres autour d'un Prix Nobel
| L'HOMMAGE À ROMAIN ROLLAND
Sewels Production , partenaire et conseil de cet évènement international, a suivi les commémorations organisées par l'Association Romain Rolland en mémoire du Prix Nobel de Littérature obtenu en 1915, par cet auteur auquel on doit "Jean-Christophe", "Colas Breugnon" ou "Au-dessus de la mêlée". Elle a ainsi filmé le colloque international "Romain Rolland, musicologue et écrivain de l'intime" qui s'est déroulé du 17 au 19 novembre 2016, à la Bibliothèque Nationale de France , à la Sorbonne puis à la Cité de la Voix de Vézelay , avant de revenir le 20 novembre à Clamecy pour d'autres rendez-vous et le lendemain à Avallon pour une conférence de l'historienne new-yorkaise Antoinette Blum sur le Théâtre révolutionnaire rollandien. La veille, cette éminente spécialiste avait offert à la ville de Clamecy un exemplaire de la pièce "Les Loups" que l'auteur clamecycois avait décicadé et envoyé à des amis de Genève. Un livre qui a donc traversé deux fois l'Atlantique pour revenir habiter la maison natale d'un enfant de Clamecy, aujourd'hui considéré comme l'un des grands pacifistes modernes et souvent associé à Gandhi ou Martin Luther King.
| IL FAUT SAUVER COLAS BREUGNON
| Durée : 10 min. 26 | 2016 |
Ce jour-là, après la projection de ce film de 10 minutes de Eric Le Seney, Roland Lemoine a présenté une opération de mécénat originale qui réunit l’Association Romain Rolland, la ville de Clamecy, La Société Scientifique et Artistique, la relieuse Bénédicte Pinard, la Nouvelle Imprimerie Laballery et Clamecy TV autour de la numérisation d’un livre tout à fait unique : un exemplaire de la toute première édition de Colas Breugnon illustré par Gabriel Belot, grand ami de Romain Rolland bien connu des spécialistes de l’histoire de l’édition française...
Pour l’anecdote, on peut voir dans les pages de cet ouvrage à peine massicoté et brillamment décoré que le héros s'appelle encore Colas Brugnon et pas encore Breugnon comme on peut le lire sur la couverture par exemple. Le nom a été changé pour éviter d’éventuelles représailles d’une famille Brugnon qui devait être influente à l’époque…
| CLAMECY, PARIS, VÉZELAY... LE SUIVI DES 150 ANS
| COLAS BREUGNON, L'OPÉRA RUSSE
Autre action de l'association Romain Rolland suivie par Sewels Production : la première représentation en France, de l'opéra du compositeur russe Dmitri Kabalevski « Colas Breugnon ou le Maître de Clamecy » évidemment inspiré par l'oeuvre éponyme de Romain Rolland.
C'était à Clamecy le dimanche 13 octobre 2019 en la collégiale Saint-Martin, sur les lieux mêmes de l'action du roman. C'est la version de 1970, composée pour piano et chant qui a été interprétée par des musiciens et chanteurs français et russes.
Pour Romain Rolland, Colas Breugnon, roman écrit en 1913 mais qu'il décida de ne publier qu'en 1919, après la fin de la Grande Guerre, c'est d'abord un divertissement célébrant son pays natal. A l'occasion du centenaire de sa première édition, l'association Romain Rolland et la ville de Clamecy lui ont rendu hommage par une série de manifestations dont le point culminant a été, pour la première fois en France, l'audition de larges extraits de l'opéra que le truculent sculpteur sur bois clamecycois a inspiré au grand compositeur russe Dmitri Kabalevski. Colas Breugnon ou le Maître de Clamecy est le seul opéra russe écrit à partir d'une oeuvre française.
Né à Clamecy, Romain Rolland fut, au début du XXème siècle, l'écrivain français le plus connu dans le monde : son grand roman, Jean-Christophe, publié en dix volumes de 1904 à 1912, hymne à l'amitié entre les peuples, lui valut le Prix Nobel de Littérature en 1915. Mais c'est son manifeste Au-dessus de la Mêlée, paru à l'aube de la première guerre mondiale qui lui apporte une renommée internationale, entretenue par des rencontres et des relations épistolaires avec tous les grands esprits de l'époque : Stefan Zweig, Sigmund Freud, Gandhi, Maxime Gorki...
Dès sa publication en Union Soviétique en 1922, Colas Breugnon connait un vif succès.
Plusieurs fois réédité, il est porté à la scène en 1934 et fait l'objet d'un projet d'adaptation cinématographique qui ne fut
| LES INTERPRÈTES
| DMITRI KABALEVSKI
Moins connu en France que ses compatriotes contemporains russes Prokofiev et Chostakovitch, Dmitri Kabalevski (1904-1987), compositeur de l'opéra " Colas Breugnon ou Le maître de Clamecy " est considéré, en Russie et à l'étranger, comme l'un des grands compositeurs du XXème siècle. Il est notamment célèbre en Amérique du Nord où il s'est rendu à plusieurs reprises et où ses oeuvres ont été créées et jouées par de grands talents comme Toscanini ou Vladimir Horowitz. Si la France le boude, c'est sans doute à cause de son image de compositeur " officiel " resté fidèle à la ligne idéologique définie par le pouvoir soviétique ce qui lui a valu de mener une brillante carrière au sein des instances musicales russes.
Pour autant, s'il a, comme tous les autres compositeurs soviétiques, écrit de nombreuses Oeuvres de propagande qui ne méritent pas d'être tirées de l'oubli, dlgkndqkln
son amabilité et son esprit consensuel lui ont toujours attiré l'estime de ses collègues, même si leurs visions du monde pouvaient être différentes. L'Oeuvre de Kabalevski est considérable (concertos pour piano, sonates, quatre opéras, des cycles de mélodies...) autant que son Oeuvre critique et son action en faveur de l'apprentissage de la musique :
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en Russie, la fameuse " méthode Kabalevski " sert de base à l'éducation musicale et de nombreux apprentis pianistes font leurs premières armes sur telle ou telle petite pièce de Kabalevski composée à leur intention... Par son caractère accessible et sa richesse mélodique exceptionnelle, sa musique séduit depuis des générations les enfants russes qui connaissent fort bien certaines de ses chansons.
Mais c'est surtout à " Colas Breugnon ou le Maître de Clamecy ", dont il a tiré aussi une suite symphonique, souvent inscrite au répertoire des plus grands orchestres, que son nom reste attaché. Le concert de Clamecy fera ainsi date, marquant le retour au bercail d'un enfant de Clamecy créé par Romain Rolland qui inspira, à la fin des années 1930, le génie d'un grand musicien russe.
Le concert donné le 13 octobre à 16h à la collégiale de Clamecy – donc sur les lieux mêmes de l'action du roman – sera l'occasion d'entendre les principaux airs de l'opéra "Colas Breugnon ou le Maître de Clamecy" dans la version écrite par Kabalevski lui-même, oeuvre revisitée pour piano et chant en 1970. Cette première audition en France de la quasi intégralité de cet opéra à la fois typiquement bourguignon et profondément russe, constituait un événement assez important pour que Madame Maria Kabalevskaia, fille du compositeur, accepte de faire le déplacement jusqu'à Clamecy et d'honorer de sa présence la ville dont le nom est cité dans le sous-titre de l'oeuvre de son père. Ce concert a donné, pour la première fois en France, une vision réduite d'un opéra qui dure plus de deux heures. Il a fallu renoncer à des scènes où apparaissent des personnages importants, tels que Gifflard, le rival de Colas Breugnon, Chamaille, le curé de Brèves, et surtout le Duc... Les talents des interprètes, la pianiste Elena Surina, les chanteurs Frédéric Albou et Elvira Stratinskaya, témoignent néanmoins de la richesse mélodique et vocale d'une oeuvre dont l'intérêt dramatique et la splendeur des évocations mériteraient sans nul doute qu'il soit enfin monté sur une grande scène lyrique française. Ce qui nécessiterait, pour lui rendre sa véritable dimension, la participation d'un grand orchestre symphonique, d'un choeur et de six solistes...
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